de Pierre de Marbeuf
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Et mes peines quand je les conte,
Font trembler la terre de peur.
Ce n'est qu'à cause de mes peines
Que l'on voit pleurer les fontaines,
Qu'on oit murmurer les ruisseaux,
Que les tourterelles gémissent,
Et les malades ne guarissent,
Qu'afin de m'envoyer leurs maux.
Les jours nous ôtent leur lumière
À la faveur de ma prière,
Afin de ramener les nuits,
Les nuits avec leur robe noire
Me consolent, et me font croire
Qu'on fait le deuil de mes ennuis.
Si cet été la canicule
Nous rafraîchit, et ne nous brûle,
Donnant plus d'eaux que de chaleurs,
Mes larmes imitant la pluie,
C'est que les cieux par jalousie,
Pleuvent pour imiter mes pleurs.
Chaque saison est ma partie,
Et j'en ressens l'antipathie :
Que si mes desseins amoureux
Ont des froideurs, l'été les chasse,
Et puis après l'hiver me glace
Quand l'amour allume mes feux.
Automne de qui le partage
Reçut les fruits pour héritage,
Si les fruits ont suivi tes fleurs,
Pourquoi le Ciel par injustice,
Veut-il que mon amour fleurisse,
Pour ne recueillir que des pleurs ?
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