de Robert Goffin
Je finirai ma vie à regarder les femmes
En me disant que leur beauté n'est plus pour moi
Que ne consume plus qu'une inquiète flamme
S'apaisant inutile au seuil des âges froids
Et puis parfois mon indépendance est si forte
Que je redoute me soumettre ou dominer
Et me répète en vain que je dois à ma morte
Un refus qu'elle aurait surement refusé
Et je retourne au venin de ma solitude
Mais à peine suis-je seul que je pense à vous
Femmes qui prodiguez l'unique inquiétude
À celui qui regrette de n'être plus fou
Ah ! que passent deux yeux comme ceux qui brulèrent
À l'heure des coups de foudre des anciens jours
Et mon seul équilibre de vivre sur terre
Basculera sous le coup d'archet de l'amour
Vivre avec une femme est démence sans doute
Malgré la cendre qui brûle encor dans mon sang
Mais vienne celle que j'attends ... pour que j'ajoute
Qu'il est peut-être encor plus fou de vivre sans
L'amour est-il l'unité des contradictoires
Offrant le mirage de son illusion
À la source où les enchantés désirent boire
Convaincus malgré tout qu'ils s'en repentiront.