de Roland Giguère
Ce regard ne m'appartient plus
cette voix non plus
qui s'éteint à la fin d'une phrase
déjà oubliée
ce passé s'efface
s'enfonce dans les rainures
disparaît dans les rides
pour ne plus revenir
je ne suis plus ce que j'étais
enfermé dans mes pliures
blessé de l'aile
le point au bout de la ligne
maintenant je trace
des envols nouveaux
je traque l'ombre
dans le nid des oiseaux
j'éclaire aussi
les nuits les plus opaques
le drap noir de l'habitude
les matins gris
la lueur jaillit
au coin de ma table
et mes mots ne sont plus les mêmes
s'ils croisent votre vie
j'ai trop longtemps pleuré
la mort du chêne
maintenant je cultive le cerisier
et j'attends son fruit.