d'Aragon
Il est sept heures dix une tasse de menthe
À côté de la pendule en cuir refroidit
Je suis seul au matin dont les cendres dormantes
Blanchissent sans pouvoir oublier l'incendie
Je parle à haute voix le langage des vers
Comme si je faisais l'essai de ma folie
D'où me vient-il ce goût puéril et pervers
D'où me viennent les mots que je lie et délie
Qu'est-ce que ce plaisir morose et monotone
Ce passe-temps verbal et qui donc s'y complaît
C'est bien moi je m'entends m'interromps et m'étonne
Et de mes doigts mentaux tombent les osselets
C'est un jour machinal aujourd'hui qui se lève
Je n'attends que le temps dans la chambre où je suis
Le temps s'arrête en moi comme un sang qui fait grève
Et je deviens pour moi comme un mot qui me fuit
Allô
C'est toi J'arrive